La petite ville de Vienne (environ 30 000 habitants), installée sur la rive gauche du Rhône, présente un exemple intéressant d’une ville étape incontournable sur un axe de circulation majeur qui a vu se concentrer axe fluvial (Rhône), route (N7), autoroute (A7 obligée de traverser deux fois le Rhône à cet endroit, 2 voies ferrées (une sur chaque rive la principale sur la rive gauche) mais est aujourd’hui court-circuitée par la ligne TGV qui passe plus à l’Est car elle est trop proche de Lyon pour prévoir une escale et le site trop difficile pour faire passer une nouvelle voie.
La situation de Vienne, sous préfecture de l’Isère mais beaucoup plus proche de Lyon que de Grenoble
On est là dans une grande région urbaine à l’échelle française très bien irriguée par des autoroutes, 4 voies, voies ferrées et avec une tradition industrielle importante notamment la chimie en aval de Lyon (et antérieurement une tradition textile très importante liée à la soie).
L’étude de cas est, en géographie, un excellent exercice pour tenter de comprendre une réalité de terrain complexe. Pour un élève de Secondaire ou un étudiant débutant (Hypokhâgneux) il est beaucoup plus simple et pédagogique de comprendre sur une étude de cas l’analyse systémique du géographe qui montre l’intrication de certains phénomènes naturels, économiques, anthropologique, sociologiques et change d’échelle pour mieux comprendre le système (en zoomant et dézoomant) mais aussi remonte dans le passé jusqu’à une date (différente selon les cas de figures) pour comprendre la genèse d’un processus.
Un exemple : les transports urbains à Luanda
Un élève ou étudiant de 2023 croit qu’il faut commencer par faire ceci sur un moteur de recherche (par exemple Google) pour travailler sur un tel exercice ce qui n’est pas la bonne méthode… surtout sur un sujet où l’on ne trouvera rien de synthétique parce qu’en géographie on a très peu d’articles synthétiques à ce niveau (c’est à la fois décevant et très bien puisque pour l’instant une IA comme ChaGPT ne sait pas encore faire un exposé de géographie correct alors qu’il sait déjà très bien faire autrechose (voir l’article Une rentrée sous la menace de ChatGPT ?).
La Bretagne fait partie des régions très peu boisées de France et la seule région où l’on trouve un couvert végétal important est la région de la « forêt de Brocéliande » à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Rennes.
Ce nom n’est pourtant pas présent dans les toponymes anciens puisque c’est le nom d’une forêt mythique et enchantée dont il est question dans les légendes du cycle arthurien et dont on ignore donc la localisation. Le mot Brocéliande n’est donc présent que depuis peu sur la carte topographique IGN (c’est à la fois le nom d’un GR -sentier de grande randonnée- marqué en rose dans la forêt de Paimpont et celui d’une cité scolaire -collège lycée avec internat située près du camp de Coëtquidan sur la commune de Beignon et c’est tout !
Être attentif aux toponymes et à leur transformation
L’apprenti géographe doit être vigilant dans ce monde de communication actuel marqué par l’essor d’Internet quand il désigne des lieux par un nom car les noms du passé (avant l’essor d’un nouveau tourisme qui se prétend plus durable, respectueux de l’environnement, veut récupérer un passé mythique) et du présent (qui invente continuellement de nouveaux noms et sigles) (voir l’article Noms de lieux et d’institutions : originaux et contre-façons ? Une réflexion de géographe).
Un grand massif peuplé sur ses marges : forêt, lande, zones humides
La « forêt de Brocéliande » constitue un petit territoire intéressant à découvrir en commentaire de cartes notamment quand on est un (Hypo)khâgneux qui prépare « Saint-Cyr ! » : on découvre en effet en commentaire des cartes des réalités économiques, culturelles, historiques, sociales parfois tout à fait nouvelles et intéressantes quand on zoome sur des petits bouts de cartes topographiques de 10 km sur 15 km.
Une carte de Wikipédia à améliorer (échelle etc…
A cette échelle la géographie devient à la fois très concrète et permet de comprendre qu’il faut changer d’échelle et ancrer les connaissances dans le temps pour que cela devienne vraiment pertinent et que l’exercice ne soit pas seulement un exercice scolaire permettant d’avoir une « bonne note ».
Parmi les forêts les plus importantes et les plus remarquables on va rencontrer des « forêts domaniales » qui appartiennent à l’État et sont gérées par l’ONF (Office National des Forêts). Prenons quelques exemples , nombreux en région parisienne et dans le Val de Loire car historiquement ces forêts domaniales sont d’anciennes « forêts royales », proches de châteaux et/ou de domaine de chasse. (voir aussi Les forêts de l’Ouest parisien de Versailles à Rambouillet, quelques repérages pour le commentaire de cartes)
L’exemple de Chantilly : un domaine exceptionnel aujourd’hui consacré au cheval(course, chasse dont chasse à courre)
Chantilly (Oise) est le plus grand centre d’entraînement de chevaux de courses en France
Chantilly le Prix de Diane (2004); L’hippodrome, le château et la forêt à l’arrière-plan
En Champagne, à l’Est de la ville de Troyes, se trouve une région boisée et humide occupée aujourd’hui par le Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient.
Voici le sujet que j’ai proposé un samedi matin en 5 h à mes Hypokhâgneux qui vivent dans une ville tropicale. Nous avions dû évacuer le lycée 2 jours plus tôt à 14 h 30 à cause de très fortes pluies tropicales -pourtant hors saison cyclonique (qui ont causé un mort -un automobiliste emporté par un cours d’eau-) et j’ai rendu ce devoir alors que notre voisin (le Vanuatu) venait de subir son 3e cyclone de catégorie 4 en 8 mois (et hors saison cyclonique). Cette question de la tropicalité et des villes nous touche davantage qu’en Europe puisqu’elle impacte ici notre vie quotidienne alors qu’un Khâgneux de métropole peut voir uniquement les choses de manière théorique, abstraite, voire un peu idéologique. (voir aussi Urbanisation et tropicalité : quelques réflexions)
« En quoi la tropicalité constitue-t-elle une contrainte majeure face à l’urbanisation galopante depuis les années 1950, en Amérique latine, en Afrique subsaharienne et en Asie Orientale (Chine exclue) ?«
La France compte actuellement 11 parcs nationaux dont 3 outre-mer (Réunion, Guadeloupe et Guyane). Le premier, créé en 1963, est celui de la Vanoise dans les Alpes du Nord. On en trouve 2 autres dans les Alpes (Écrins et Mercantour), un dans les Pyrénées (voir Gavarnie (Hautes Pyrénées) et le commentaire de cartes, un dans le Massif Central (Cévennes), 2 en Méditerranée (Calanques, Port-Cros).
Le dernier né en 2019 est le « parc national de forêts » qui a un nom si énigmatique que l’on ignore a priori où il se trouve à la limite entre la Haute Marne (52) et la Côte d’Or (21) (donc à la fois sur la région Grand Est et Bourgogne-Franche-Comté).
La France est le 4e pays d’Europe par l’importance de sa forêt (derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne) avec environ 17 millions d’hectares de forêt (soit 170 000 km² ) ce qui représente un taux de boisement de 31 % (près d’un tiers).
Cependant sur cette carte très approximative on se rend compte que le taux de boisement très inégal : très faible en Normandie et Bretagne (là où le bocage domine), très important dans certaines régions de montagne (Ardennes, Vosges, Jura, Alpes, Pyrénées), de l’est du Bassin parisien. On en trouve également dans certaines régions du Massif Central (Morvan, Cévennes, Limousin), en Corse et enfin dans 2 endroits où l’on a une tache de forêt (en Sologne et dans les Landes).