L’exercice d’analyse critique de carte fait partie des exercices que nous avons à faire en histoire, en géographie et en géopolitique au lycée.
L’idée de cet article est d’essayer d’expliquer pourquoi on nous fait faire ce genre d’exercice aux élèves. Beaucoup ne comprennent ni son intérêt ni la méthodologie nécessaire pour le faire. Ne pourrait-on pas simplement demander à un élève de fabriquer une carte puis de la décrire à l’oral ou à l’écrit ?
Un exemple de petite synthèse (commentée à la portée d’un lycéen (Première Terminale) qui porte sur une biographie (la vie d’une personne) replacée dans son contexte historique. L’idée est à la fois de comprendre comment on l’organise (une phrase d’introduction –et l’annonce du plan ; milieu social et formation ; contexte ; action).
Madame Roland plaidant devant le tribunal révolutionnaire qui la condamne à mort en 1793 (estampe de 1799 ici
Madame Roland (1754-1793) est une femme qui a joué un rôle important au début de la Révolution française en tenant un salon ouvert aux discussions politiques avant de finir guillotinée fin 1793 tout comme les hommes politiques qui avaient fréquenté son salon.
Une phrase d’introduction qui d’emblée nous fait entrer dans le sujet : en précisant qui ? quoi ? où ? et quand ?
Ce parcours est original et nous tenterons de le préciser et de l’expliquer, en commençant par analyser le parcours de cette femme avant la Révolution puis en précisant son rôle après la fin de la Monarchie absolue.
Cette caricature est très connue, on la trouve dans tous les livres d’histoire au point que sa référence est imprécise : il s’agit d’une caricature française de 1885. Tout le monde a oublié l’auteur, le journal qui l’a publié et elle est copiée et recopiée, utilisée comme symbole pour montrer la manière cynique dont les puissances européennes à la fin du XIX e siècle se partagent l’Afrique sans tenir compte des Africains.
Mais comment faire le commentaire d’un tel document, puisque c’est cela que nous demandons à nos élèves au lycée ?
Une biographie raisonnée qui s’appuie sur quelques documents originaux pour présenter un grand mathématicien né au milieu du XVIIIe siècle et qui va rester un savant de premier plan malgré les changements de régime politique. C’est aussi l’occasion de présenter quelques sources historiques et d’évoquer son entourage.
Laplace en costume de sénateur de l’Empire avec sa légion d’honneur
Aujourd’hui nous avons du mal à comprendre pourquoi le sel est sous l’Ancien Régime une denrée aussi précieuse : les recommandations nutritionnelles nous demandent d’en consommer moins !
Aujourd’hui pourtant la France continue à produire du sel de manière à la fois industrielle (en Camargue et dans des mines de l’Est) et de manière traditionnelle (à l’île de Ré et à Guérande), elle possède un grand groupe industriel spécialisé dans les production de sel (Salins) et a entretenu son patrimoine historique lié à la production de sel sous l’Ancien Régime notamment en Franche-Comté (Arc et Senans) et en Lorraine (Marsal)
Une carte des lieux actuels liés au sel avec, en fond, les différentes régions de taxation du sel avant la Révolution
Pourquoi un tel besoin de sel sous l’Ancien Régime ?
Voilà l’exercice que je propose à mes élèves de Première en début d’année : rédiger un « embryon de dissertation »
Qu’est-ce qu’un embryon ?
C’est un organisme en devenir. On utilise ce terme en médecine pour parler de la première phase de la grossesse : celle qui va de la division de l’œuf à environ la 8e semaine où tous les organes sont formés. On passe ensuite au stade du fœtus (fin de la gestation jusqu’à la naissance)
Embryon humain de 6 semaines : on voit la tête, les yeux, la bouche, des bourgeons correspondant aux 4 membres
Pourquoi utiliser cette métaphore pour parler de dissertation ?
Parce que la dissertation est, dans les sciences humaines, un exercice difficile qui nécessite une longue gestation (3 à 7 h dans les épreuves françaises dans l’enseignement supérieur). Une bonne dissertation peut être comparée à un nouveau-né en parfaite santé qu’on a pris le temps de laver après la naissance et à qui on a mis un joli pyjama pour le mettre en valeur !
En Première comme en Terminale pour faire de l’histoire comme de la géographie et de la géopolitique, il est essentiel de s’approprier la carte du continent africain : il ne s’agit pas bêtement d’apprendre les noms des cinquante États et de leur capitale mais bien de commencer par vérifier qu’on sait se repérer par rapport à l’équateur et aux tropiques, et par conséquent par rapport aux zones climatiques. D’où les quelques cartes qui suivent (à la fin de l’article un diaporama qui les rend imprimables, transformables, projetables)
Quelle est l’échelle ? Où sont l’équateur et les tropiques sur une carte d’Afrique ?
Les « registres paroissiaux » sont, dans le royaume de France avant la Révolution, les registres dans lesquels les curés enregistrent tous les baptêmes, mariages et sépultures de leur paroisse. Leur tenue est obligatoire, elle se fait en français (et non dans des langues régionales comme le breton ou l’occitan qui sont pourtant parlé à la campagne). Ces registres paroissiaux sont aujourd’hui consultables en ligne sur Internet et permettent de se faire une petite idée sur le niveau de l’alphabétisation du XVIIe siècle à la veille de la Révolution (puisqu’on peut y retrouver les signatures) selon les régions de France et plus largement sur la démographie de l’époque.
La commune de Prémontré dans l’Aisne (près de celle de Saint-Gobain) dans une région extrêmement boisée qui a vu la naissance de verreries sous l’Ancien Régime et après la Révolution
La Révolution française va remplacer ce système par l’état-civil tel que nous le connaissons aujourd’hui : un enregistrement obligatoire des naissances, mariages et décès par le maire de chaquecommune.