Un jour de concours blanc voire le jour du concours comment réagir face à un sujet. Voici la petite réflexion en trois points que je proposerais qui correspond à trois attitudes face à un document :
Un article destiné à des élèves de Première, Terminale et CPGE qui veulent consolider des fondations en s’appuyant sur des références classiques et à leur portée.
Pour argumenter sur un sujet de manière à la fois originale et efficace il est intéressant de s’appuyer sur plusieurs types de références : des théoriciens qui ont réfléchi sur les notions au programme ; des artistes –romanciers, peintres, sculpteurs, musiciens…- dont l’inspiration s’inscrit dans le contexte particulier de l’époque ; des témoins et/ou acteurs privilégiés qui ont publié des mémoires ou des récits.
Le Président Vladimir Poutine en 2007 venant à domicile chez l’écrivain dissident Alexandre Soljenitsyne (1908-2008), auteur de l’Archipel du Goulag, prix Nobel de littérature et exilé pendant des décennies aux Etats-Unis lui remettre le Prix d’État qu’il vient de lui décerner (une photo qui suggère à quel point comprendre la Russie du XX e siècle et celle d’aujourd’hui est compliqué)
Pour les programmes de Première et Terminale on peut ainsi avoir en « stock » les références suivantes. J’en ai profité à chaque fois pour faire des rappels de cours sur des thèmes généraux (qui ont certes changé dans l’architecture des programmes actuels mais qui conservent toute leur pertinence) et trouver une photographie « mémorisable » (pas seulement la tête d’un individu mais le contexte où il se trouve).
Quand on commence la géographie en Hypokhâgne (matière obligatoire) ou à l’Université en L1, on découvre une discipline méconnue et a priori pas très attirante. Pour la présenter on peut faire un cours théorique d’épistémologie (c’est ce que j’ai proposé dans l’article Une petite introduction à la géographie pour Hypokhâgneux : un peu d’épistémologie et d’histoire de la géographie) mais une autre manière de faire est de nous parler de parcours de géographes en nous intéressant à leur génération, à leur formation intellectuelle et à leurs centres d’intérêt, à leur évolution au fil de leur carrière.
Imiter puis dépasser des maîtres ou apprendre à partir de concepts ?
C’est une approche qui n’était pas du tout celle que j’ai eu quand j’étais étudiante en Fac de géographie ni celle que j’ai utilisée quand j’étais jeune assistante en géographie puis PRAG de géographie dans une Université. Pourquoi ? Parce qu’après 1968 les temps ont changé et qu’on a déboulonné les idoles, on s’est débarrassé des maîtres et qu’on a choisi à la place de développer des concepts abstraits !
La géographie est devenue moins littéraire, plus conceptuelle et l’on a un peu arrêté de croire en l’idée qu’un jeune géographe était en quelque sorte un « disciple » d’un maître (ou plusieurs) de la génération précédente…
L’incroyable histoire de la géographie (une BD de 2022 écrite notamment par Jean-Robert Pitte
Mais, en vieillissant, je me rends compte que cette approche intellectuelle désincarnée et idéologique est assez contreproductive. Si à 61 ans je continue à aimer enseigner la géographie dans le Supérieur (et l’histoire quand j’étais professeur dans l’enseignement secondaire) c’est en repensant à mes professeurs -et plus tard à mes collègues- et ceux que je n’ai jamais rencontrés mais dont j’ai lu les manuels, articles, thèses.
Quelques éléments de d’analyse et de réflexion sur cette carte (qui est un grand classique du commentaire de cartes) car elle présente 2 stations touristiques intégrées (la Grande Motte -à l’Ouest dans l’Hérault) et Port-Camargue sur la commune du Grau du Roi (dans le Gard) créées ex-nihilo à partir des années 1960 dans le cadre de l’aménagement du littoral languedocien.
La petite ville médiévale fortifiée d’Aigues-Mortes avec sa tour de Constance (en haut à droite) près du canal qui rejoint le Rhône. La ville a été fondée par Louis X (Saint-Louis) au milieu du XIIIe siècle. C’est de là qu’il partit pour les Croisades (1248 et 1270)
Je dois préparer mes étudiants de Khâgne à une épreuve très formelle de commentaire d’un Scan 25 (autrement dit) leur apprendre à rédiger en 3 h le commentaire d’un bout du territoire métropolitain de 10 km sur 15 km qui se trouve à près de 20 000 km de l’endroit où ils vivent et qu’ils ne connaissent pas !
Présentée de cette manière l’exigence peut sembler absurde et, pourtant, découvrir la géographie de la France de cette manière n’est pas si stupide. Cela permet au contraire de ne pas perdre les pieds avec la réalité concrète et de découvrir des tas d’éléments intéressants qui nous font réfléchir… mais à condition pendant la phase d’apprentissage qu’on prenne le temps de visualiser les choses et d’aller vérifier certains éléments.
Ainsi si les sujets de concours proposent un petit morceau d’une carte IGN au 1/25 000 e (format A2) ainsi que quelques documents pour aider à les commenter, quand on est en phase d’apprentissage il est pratique utiliser d’autres documents facilement accessibles sur Internet et qui nous aident beaucoup à comprendre ce qui est représenté sur une carte, ce qui ne l’est pas et ce qu’on doit deviner, ce qui ne peut l’être parce que ce n’est pas cartographiable facilement.
Lire une carte est une compétence intéressante mais il me semble beaucoup plus simple pour la maîtriser de pouvoir voir à quoi ressemble le territoire qu’elle symbolise sinon cela reste un exercice juste formel : une compétence doit être au service de quelque chose et non une simple technique.
C’est très tardivement que je mets en ligne quelques ressources concernant cette thématique sur les mémoires qui, avant d’être au programme de HGSSP en Terminale a été présente en Histoire à travers simplement un chapitre au choix (l’historien et la mémoire de la Seconde Guerre mondiale et l’historien et la mémoire de la guerre d’Algérie).
Mémorial aux Juifs assassinés Berlin (2005)
Après une introduction le thème aborde une réflexion théorique à travers différents exemples
Andorre est un petit État indépendant situé dans les Pyrénées à la frontière entre la France et l’Espagne : sa superficie est de 470 km² pour une population d’environ 80 000habitants. Il n’est pas dans l’Union Européenne, utilise néanmoins l’euro et vit de sa situation sur la frontière (zone de commerce détaxée). Il possède également une station de ski ( Pas-de-la-Case près de la frontière française) qui est accessible depuis Toulouse et Perpignan.
A la sortie d’Andorre (cliché pris en octobre 2021)Le poste-frontière vers Andorre
Entré à l’ONU en 1993, cette petite principauté existe depuis le XIIIe siècle avec deux co-princes : un co-prince laïc qui est aujourd’hui le Président de la République française (au Moyen Âge c’était le comte de Foix) et un co-prince religieux qui est l’évêque d’Urgell (ville qui se trouve en Catalogne).
La ville principale est Andorre-la -Vieille.
Un tunnel à péage, ouvert en 2002 (à 2000 m d’altitude, de 2800 m de long, à 1 seul tube à 2 voies) : le tunnel d’Envalira permet d’éviter le col du même nom à 2 408 m) et de rejoindre Andorra-la-Vieille puis de passer en Espagne.
Effectivement la route a été améliorée sur l’axe européen E9 Orléans-Toulouse-Barcelone par la réalisation de 2 tunnels l’un côté espagnol de 5000 m situé à 1200 m d’altitude, le tunnel de Cadi inauguré en 1984 et l’autre côté français, celui de Puymorens (situé à 1500 m d’altitude de 4800 m et inauguré en 1996).
La station de ski d’Arinsal
Attention, à cet endroit, l’axe E9 n’est pas une autoroute mais une très belle route moderne (chaussées parfaite, barrières de sécurité) à 2 voies telle qu’il en existe tant en Europe aujourd’hui y compris dans les régions montagneuses.
Par conséquent c’était vital pour Andorre d’améliorer son accessibilité pour demeurer également une voie de transit moderne vers Lérida et le bassin de l’Ebre pour continuer à prospérer.