Le programme de spécialité HGGSP (histoire-géographie-géopolitique-sciences politiques) est impossible à traiter si nous ne prenons pas le temps de nous poser cette question : que devons-nous savoir sur la Grèce antique et sur la langue grecque pour l’aborder à la fois avec profit et plus facilement ?
Nous avons pris l’habitude dans les systèmes scolaires et universitaires européens (et notamment français) depuis le XIX e siècle de découper le temps en 4 grandes périodes : Antiquité, Moyen Age, Temps Modernes, Époque Contemporaine.
Nos élèves ont fait de l’histoire depuis le primaire et rempli des frises chronologiques mais on a souvent l’impression que la chronologie des éléments essentiels n’est toujours pas fixée. Pourtant, dans le nouveau programme de Seconde, il y a un rappel sur les 4 grandes périodes de l’histoire occidentale.
Personnellement c’est un cours que je fais de manière simple -voire simpliste- à mes étudiants chinois sans m’occuper de représentations : pourquoi on fait ce découpage ? est-ce qu’il est vraiment pertinent ? est-ce que ce n’est pas schématique voire absurde d’imaginer des dates de rupture comme 476, 1492 ou 1789). Tant pis, j’assume. Un lycéen doit connaître par cœur tout ce qui suit pour pouvoir apprendre le nuancer et approfondir.
Le programme est précédé par une introduction qui définit les disciplines concernées : histoire, géographie, géopolitique, sciences politiques
Il comprend 5 thèmes qui portent sur 5 grandes notions :
La notion de démocratie
La notion de puissance
La notion de frontière
La notion de médias
Les rapports entre religions et États
Ces notions sont indépendantes, on peut donc les étudier dans n’importe quel ordre et notre Ministre pourrait décider d’en enlever une ou de donner le chois de celle qu’on enlève sans que cela ne change la logique
On comprend aussi que ce programme veut nous promener dans le temps et dans l’espace, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, de l’Europe à l’Asie, de l’Amérique à l’Afrique, du Pacifique à l’Antarctique… à différentes échelles (celle de la planète, d’un continent, d’une région, d’un pays, d’une ville, d’un quartier…) pour réfléchir sur ces notions…
Si en amont nous ne sommes pas correctement repérés dans l’espace et le temps (avec nos fameux « repères historiques et géographiques » du programme de Collège que nous aurions tous dû mémoriser par cœur), traiter ce programme est juste impossible !
Pour pouvoir maîtriser plus facilement ce programme, peut-être est-il plus efficace de vérifier que nous sommes biens repérés dans l’espace et le temps et après nous pourrons beaucoup plus facilement nous focaliser sur les thématiques abstraites (démocratie, puissance, frontières, médias et religions) et comprendre l’argumentation.
Comment doit-on traiter ce programme ?
Chaque thème commence par une introduction qui le présente et montre son intérêt et son actualité.
Effectivement l’idée n’est pas de faire de l’érudition (apprendre des choses très compliquées et très pointues juste pour le plaisir de les apprendre et de pouvoir frimer auprès de ceux qui n’ont pas eu la chance de faire des études si pointues) mais de pouvoir réfléchir en quoi ces thèmes nous permettent de comprendre le monde dans lequel nous vivons et avoir des pistes pour organiser le monde de demain.
Chaque thème est articulé en 2 axes (soit 10 axes en tout). Ils correspondent aux deux directions dans lesquelles nous devons réfléchir sur chacune de ces notions.
Ensuite le programme a imaginé ce qu’il appelle des « jalons » : il y en a 25 dans le programme de HGGSP de Première. Ce sont les exemples concrets obligatoirement étudiés pour avoir des arguments à utiliser pour nourrir une réflexion sur ces 5 notions. Ils constitueront une base de connaissances commune à tous les élèves de spécialité HGGSP.
Cette idée me semble intéressante. Que nous puissions avoir étudié des thèmes communs au lycée en histoire, géographie, littérature… est un élément essentiel pour, qu’à l’âge adulte, nous ayons des références communes. Cela nous permettra de « faire société ». C’est ce qui a beaucoup changé ces trente dernières années parce que nos programmes scolaires avec l’idée de devenir plus modernes et attractifs ont voulu s’intéresser à des tas de choses nouvelles sans prendre le temps de transmettre les mêmes fondamentaux à tous.
Enfin le programme a prévu 5 « objets d’études conclusif« , ce sont les 5 exemples complexes que nous devons analyser en profondeur pour montrer qu’on a bien compris la notion qui était à l’étude.
Tout cela a l’air bien théorique voilà pourquoi il est important que ce programme soit visualisé sous la forme d’un tableau pour comprendre quels sont les lieux et les périodes qu’il va falloir étudier.
L’objectif de cet article est de commencer à réfléchir aux 4 disciplines impliquées dans l’enseignement de spécialité « Histoire Géographie Géopolitique Sciences Politiques ». Quel est leur objet ? Quelles sont leurs méthodes ? Leurs sources ? Leur originalité ? Les liens qu’elles entretiennent entre-elles ? Les représentations qu’on peut s’en faire ?