Beaune est une petite sous-préfecture d’environ 20 000 habitants du département de la Côte d’Or (préfecture est Dijon) et se trouve dans en Bourgogne. Cette petite ville est aujourd’hui mondialement connue des élites de l’Asie émergente à cause de la survivance d’une vente de vins unique au monde : celle des Hospices de Beaune. D’autre part ce vignoble de Bourgogne est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2015 (ainsi que les 2 autres vignobles les plus connus : celui de Bordeaux près de Saint-émilion et celui de Champagne.
Extrait de la carte topographique de Beaune au 1/25 000e avec repérage de certains éléments à analyse
La ville de Vichy traîne dans l’imaginaire collectif français une image glauque héritée de la Seconde Guerre mondiale puisque c’est dans cette charmante ville d’eau au cœur de l’Auvergne que le personnel politique de la IIIe République s’est réfugié en juin 1940 puis a installé un régime dictatorial dirigé par le Maréchal Pétain qu’on appelle « régime de Vichy ». Ce régime a laissé un souvenir atroce en raison de la collaboration avec l’Allemagne nazie, de la déportation des Juifs mais, plus encore, de la confusion qu’il a induit dans les esprits après l’Armistice du 22 juin 1940 en coupant le territoire français en 2 de part et d’autres d’une ligne de démarcation et en faisant de Vichy la capitale de la France non-occupée par les Allemands, une France qui légifère pourtant pour tous les Français ( ceux de la zone occupée comme ceux de la zone non-occupée… mais par les Mosellans et Alsaciens), a conservé son cadre administratif (départements, arrondissements, communes), son système judiciaire, son système éducatif… (voir l’article Garder la mémoire du feu… qui évoque la mémoire de la Seconde Guerre mondiale).
Vichy sous-préfecture du département de l’Allier au bord de l’Allier (affluent de la Loire) qui coule en direction du Nord dans la plaine de Grande Limagne et passe ensuite à Moulins (la préfecture du département). Au premier plan le quartier thermal, sur la rive gauche l’hippodrome et des installations sportives
Voici un fond de carte qui n’est pas terrible mais qui permet d’apprendre des éléments indispensables si on veut faire une géographie ou une géopolitique de l’Europe : quels sont en 1949 les différents Etats, quels sont les fleuves importants sur lesquels se trouvent certaines capitales ou frontières.
Un élève qui a choisi HGGSP (Première Terminale), un étudiant à Sciences Po ou en CPGE doit connaître cette carte par cœur et pour cela la colorier à la main et éviter de mettre les noms directement dessus sinon on ne lira plus rien !
Car faute de connaître 100 % de ces localisations par cœur et sans faute d’orthographe, il ne pourra pas ancrer de connaissances plus précises sur la carte actuelle de l’Europe et réfléchir à des questions géopolitiques sur les frontières.
J’ai l’impression que cette thématique concrète des transports qui est une voie d’entrée dans la géographie économique, l’aménagement des zones périurbaines et des métropoles a été remplacée dans nos programmes de lycée par autre chose de bien plus complexe, exprimé dans l’expression : « dynamique des espaces productifs ».
Une carte pour élèves de CM2 (sur le blog du maître ici à mémoriser mais améliorer quand on est lycéen
Or pour évoquer des dynamiques, il faudrait déjà être capable de faire un instantané de la situation (sous forme d’un croquis de synthèse) et d’essayer de comprendre les logiques qui sous tendent cette carte (les contraintes liées à la présence des cours d’eau et des montagnes, les particularités d’un réseau urbain qui s’est constitué en étoile de Paris) pour évoquer ensuite les dynamiques à l’œuvre, ce à l’échelle française mais aussi à l’échelle régionale et locale ainsi qu’à l’échelle européenne et mondiale.
Cet article s’adresse notamment aux Khâgneux de 2023 qui préparent la question au programme de l’ENS Lyon sur « agricultures et changements globaux » car je vais y présenter le parcours d’un géographe français qui compte à la fois beaucoup dans la connaissance du Brésil (puisqu’il y a consacré toute sa carrière) mais aussi dans l’évolution de ma discipline la géographie puisque par sa génération (il est né en 1951) et son parcours, il fait partie des géographes qui ont fait passer la géographie universitaire d’une discipline littéraire et surtout descriptive à une discipline qui modélise, réfléchit sur des concepts, utilise les outils modernes de l’informatique et de la géomatique... or c’est cette géographie du XXIe siècle qui est pratiquée aujourd’hui dans nos Universités.
Édition de 2012
Ce n’est pas la première fois sur mes blogs que je présente des parcours intellectuels de géographes ou d’anthropologues car je pense que, pour un étudiant d’aujourd’hui, il est intéressant de comprendre le cheminement intellectuel des générations qui l’ont précédé pour savoir où commence son propre parcours.
Elle a des défauts comme la plupart du temps les cartes de Wikipédia : ne pas être capable de prolonger ces axes chez nos voisins européens (les 2 axes vers l’Espagne, 2 axes vers l’Italie -dont 2 tunnels-, un axe vers l’Angleterre -via le tunnel… On ne se rend pas compte de l’importance des ports de car-ferries, des axes vers la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne (et notamment un axe gratuit qui passe juste de l’autre côté du Rhin et suit le même trajet nord/sud et la Suisse.
Gennevilliers est un nom qui, pour un provincial, correspond à « quelque part en banlieue parisienne », cette banlieue qui est peu étudiée en géographie au collège et au lycée… Mais Gennevilliers n’est n’importe quelle banlieue, c’est une banlieue très active sur le plan économique puisqu’on y trouve le terminal du port fluvial de Paris le plus important celui qui forme avec Rouen et le Havre notre premier port français, HAROPA très loin devant Marseille (voir l’article Les grands ports français : repérages pour le commentaire de cartes
Attention à cette photographie qui est une image de synthèse : le Green Dock de Gennevilliers n’est pas encore construit !
Une capture écran de Géoportail localisant Gennevilliers par rapport à la commune de Saint-Denis et au stade de France dans un méandre de la Seine en aval de Paris
L’enchevêtrement d’un bâti dense, de zones d’activités industrielles très importants, d’emprises ferroviaires, de cimetières (éventuellement) est très frappant dans ce type d’espace de petite ceinture.
La banlieue parisienne est un espace très peuplé qui fourmille d’activités dynamiques, en constante restructuration-modernisation mais demeure fortement polarisé par Paris (d’où l’importance des « mouvements pendulaires »). Pour un provincial et un « domtomien » (si on désigne par là nos compatriotes d’outre-mer) qui arrive en métropole (via Orly ou Roissy), c’est un lieu enchevêtré, assez effrayant parce qu’inconnu (il n’a a priori rien à y faire) : ce n’est pas là qu’il vient faire du tourisme (mais dans des sites patrimoniaux au cœur du Paris historique), ce n’est pas là qu’il envisage de faire ses études supérieures ni habiter s’il vient étudier à Paris.
La carte de la proche banlieue nord : Saint-Denis (avec le stade de France), Gennevilliers premier port fluvial français avec le boulevard périphérique et le boulevard des maréchaux
De plus certaines banlieues (celles du nord-est correspondant à l’ancienne ceinture rouge de banlieue votant communiste jusqu’aux années 1980 ont une image désastreuse : c’est le cas particulièrement du « 9-3 », le département de Seine-Saint-Denis).