Ce nouvel article vise à donner quelques trucs pour se fabriquer un fond de carte utilisable pour décrire un espace (qu’il s’agisse d’une ville, d’une région, d’un État, d’un sous continent…)

Il faut veiller à 4 choses :
- à dézoomer suffisamment en réfléchissant à ce qu’on doit pouvoir voir pour se repérer
- à indiquer des éléments de repérage simplifiés (littoraux, îles, cours d’eau) : il est notamment très important pour une région enclavée de dézoomer jusqu’à ce qu’on voit le principal port maritime de ravitaillement
- à mettre l’échelle
- à placer éventuellement des repères (tropiques, équateur, parallèles) qui permettent de suggérer à quelle latitude on se trouve et par conséquent dans quelle zone climatique. C’est essentiel quand on travaille sur une région peu connue et tout particulièrement en Afrique, en Asie Orientale et en Amérique latine.
Google maps est un outil pratique pour zoomer et dézoomer, nous allons montrer comment.
Quelques exemples de dézoomage avec Google maps
Le Caire
Pour la ville du Caire, capitale de l’Égypte qui se trouve à la tête du delta du Nil, il est nécessaire qu’on puisse voir la Méditerranée et ses ports Alexandrie et Port Saïd et donc le canal de Suez. Voici donc un cadrage à partir duquel on peut bien comprendre la localisation du Caire et qu’on va pouvoir retravailler à la main car, sur Google maps, on ne voit pas bien les fleuves (ici le Nil et ses deux bras principaux dans le delta) ni les canaux

Si on s’était contenté de prendre de la carte de l’Égypte présente sur Wikipédia on voit qu’il y a beaucoup trop de noms (or tous les noms que nous allons garder sont importants à mémoriser).

On voit aussi que celle que j’ai fabriquée dans mon article L’Égypte une petite présentation n’est pas assez dézoomée mais est dans l’esprit de ce qu’on attend : une carte simple (peu de toponymes et tous importants pour la géographie et la gépolitique de la région), colorée mettant en évidence l’Égypte en vert foncé par rapport à ses voisins arabes en vert clair avec des repères importants (mers, canal de Suez, Nil, delta et haut-barrage d’Assouan)

Ce que j’appelle « retravailler » ce fond de carte c’est faire le travail suivant en faisant une capture écran puis en insérant ce fond de carte dans un fichier Powerpoint (cela va beaucoup plus vite à la main quand on ne dispose pas d’un autre outil qu’une souris -il faudrait une tablette graphique pour réellement dessiner des cartes avec un ordinateur)
J’ai ici simplifié le tracé du littoral, celui du Nil et ses 2 bras, celui du canal de Suez mais aussi les principaux axes (périphérique du Caire) et l’ancienne frontière marquant la limite vers le désert du Sinaï (qui a été un moment occupé par Israël -de 1967 à 1978- et est redevenu égyptien)

Et si ensuite on enlève le fond de carte de Google maps et qu’on rajoute les noms importants (pour qu’il soit bien lisibles), on obtient cette carte qui est encore largement incomplète. Il manque du coloriage pour différencier la mer de la terre, du vert dans la zone du delta et le long de la vallée du Nil pour montrer l’espace cultivé et du jaune pâle pour le désert. Il faut encore faire une légende pour expliquer ce qu’on a mis comme figurés (des triangles bleus pour les ports, un hexagone rose pour l’aéroport international, un carré rouge pour le cœur historique et le CBD du Caire)
Il est beaucoup plus facile pour cette dernière phase de colorier à la main avec des crayons (en estompant à la fin pour que cela fasse propre).

En attendant on récupère un croquis moitié manuel/moitié à l’ordinateur qu’un professionnel équipé d’un matériel de cartographie pourrait très rapidement transformer en une véritable carte qui permet d’expliquer de manière assez simple pour un débutant l’organisation de l’agglomération du Caire.

Car l’objectif de nos cartes au lycée n’est pas de nous servir à ne pas nous perdre si nous devons voyager (pour cela il est préférable d’avoir un guide, une carte beaucoup plus précise et aujourd’hui un téléphone avec GPS) mais simplement de faire ressortir des éléments généraux.
Autres exemples non aboutis
Si on veut évoquer Bangkok la capitale de la Thaïlande, il me semble qu’on doit dézoomer environ ici (on aura alors Singapour, la Malaisie, le Vietnam et le Sud de la Chine)

On s’aperçoit donc que ce cadrage convient tout aussi bien pour évoquer Ho-Chi-Minh ville mais pas Singapour ou Kuala Lumpur où il faudrait être plus au Sud et pouvoir embrasser aussi Jakarta

Pour conclure : le géographe travaille à différentes échelles et doit sans cesse essayer de faire des cartes à la fois pour illustrer son propos et pour faire avancer sa réflexion. Il a envie de trouver un compromis entre quelque chose de rapide et quelque chose d’esthétique et de clair.

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